"Pov'pigeon du peintre." / mai- juin 2008/ Daphné Bitchatch.

Cette série de peintures "Pov' pigeon du peintre"
a été inspirée par le livre
"Comment se meuvent les animaux" de J. Gray,
illustré par E. Bawen/1955/ Ed: Dunod.

    

Les pigeons représentés ont été observés par Etienne Jules Marey et Démény
avec leur fusil photographique prenant 12 images par seconde et leur chronophotographe
à miroir tournant, c'est ainsi qu'ils ont pu détailler les mouvements des pigeons.

La décomposition du mouvement et sa projection sur écran, devenaient,
de Marey jusqu'au cinématographe Lumiére, source de fascination
car ce n'était pas le sujet du film, mais la reproduction en mouvement de
l'objet du réel qui devenait spectacle.

   

Le vol à ailes battantes.

 
peinture à l'huile sur papier 24 cm x 32 cm.

Quelques notes d'oiseaux rédigées lors de la réalisation de la série "Pov'pigeon du peintre":

La poupée aux mains d'oiseaux- becs et cils de plumes, regarde l'oiseau juste peint et souffre de le
voir ainsi prisonnier de la peinture...
A coups de mains- becs lui déchire le papier, il s'envole....

   

Parce que lorsque l'on essaie de peindre un pigeon, on y voit des Ménines de
Vélasquez et des danseuses de Goya...

L'oiseau est rempli d'autres oiseaux morts qui le dévorent...
...Mon ventre est rempli d'oiseaux morts qui se dévorent...

Plus l'oiseau s'approche de l'envol, plus son corps se rétrécit et plus
il ne rentre plus dans la page...pov'pigeon du peintre!...

Trés jeune je voulais peindre des cygnes, mais ce fut Icare que je tentais de représenter,
à présent l'oiseau Ka mais ce ne sont que de pauvres pigeons que je peins...

 

...Dans la nuit s'avancer...J'entends le piano battre, battre l'écho d'un murmure,
j'entends en plein coeur du piano, battre, battre, la nuit s'avancer...
L'écho de grandes fenêtres ouvertes sur le rêve, cette présence secréte, un battement de coeur
dans le piano; non loin l'escalier de pierres.
Je le vois s'avancer, non loin, la nuit se déshabille offerte, la nuit se déchire...
Un goût d'enfance volée au baiser de la lune, les murs ont froid dans l'escalier,
comment l'oiseau est-il entré? et pourquoi pour mourir?

Le coeur de la nuit comme un fruit désiré...L'eau à la bouche...J'écoute les notes tombées
une à une au fond du piano, j'écris dans ma tête, chaque mot résonne de sa mémoire perdue.
La nuit ne ment pas, doucement le rêve entre en jeu, dessinant une petite fille aux grands yeux,
cachée dans le piano et dans ses petites mains, blotti un rossignol mort ...

 

... Entouré de pigeons le métronome se met en marche tout seul...
Allegro, adagio des pigeons...

... Pigeons d'icône, Icônes de pigeons...

 

 "pov'pigeon du peintre" suite